Il y avait longtemps que le débat sur l’immigration n’avait suscité autant d’émoi. Cet été, Grenoble a connu des émeutes violentes au lendemain de la mort d’un jeune braqueur récidiviste tué par des policiers dans l’exercice de leurs fonctions et qui ont ensuite été menacés de mort et condamnés à quitter la ville. C’est dans ce contexte que le Président de la République a annoncé des mesures pour lutter contre une insécurité que le politiquement correct refuse de lier à un éventuel échec de l’intégration, évoqué le retour à une loi, amendée en 1998, qui permettait sous certaines conditions de déchoir certains délinquants naturalisés de la citoyenneté française, souligné le problème posé par certains Roms.
Alors que des fonctionnaires ne faisaient que rappeler la loi à des populations en situation irrégulière et que le Gouvernement ne faisait que d’assurer la première des libertés de nos compatriotes, l’été 2010 devint dès lors l’objet de tous les fantasmes. De caricatures en contre-vérités historiques, en passant par des amalgames inacceptables entre le sort des Roms aujourd’hui et celui des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, hommes politiques, représentants de l’Eglise, militants associatifs ou humanitaires se sont livrés à un concert de condamnations aussi irresponsables qu’affligeantes : » racisme d’Etat « , » Sarkozy = Pétain « , » retour des rafles « ,… relançant ainsi l’inépuisable tourniquet bien-pensant » l’immigration, une chance pour la France « . Les Roms, un problème européen
N’est-il pas surprenant que le sort des populations Roms ne se soit pas amélioré en Roumanie et qu’il n’ait pas fait l’objet de négociations lorsque la Roumanie est entrée dans l’Union Européenne ? N’est-il pas choquant de voir autant de silence sur des mesures à prendre pour lutter plus efficacement contre les filières d’immigration clandestine et de traite des êtres humains, et pour mieux intégrer et réinsérer les membres de la communauté Rom dans leur pays d’origine. Sans plaider pour autant en faveur un Etat-Nation enfermé dans des frontières dépassées à l’heure de la construction européenne et de la mondialisation accélérée des échanges et des hommes, comment ne pas comprendre l’inquiétude légitime des Français face à l’aggravation des problèmes de sécurité liée, à une immigration perçue comme souvent mal maîtrisée ?
bien-pensance
La politique française tuée par la
Le débat intellectuel et politique sur la sécurité publique a longtemps été tabou, interdit depuis vingt ans, souvent l’apanage de la seule extrême-droite alors que cette question a été l’un des sujets qui ont conduit en 2002 à la débâcle électorale d’une gauche angélique. Face à un Gouvernement qui tente de maîtriser légalement l’immigration, qui assume ses responsabilités, sans céder aux facilités et à la démagogie, l’opinion publique voit sa conduite morale dictée par certaines associations d’extrême-gauche rêvant d’un 3e tour social, relayées plus que de raison par des médias plus préoccupés par un anti-sarkozysme primaire que par un souci d’information. Pourtant, si on ne peut que respecter les appels aux grands principes républicains et humanitaires, les rappels à notre tradition d’accueil et de solidarité, ceux-ci sont devenus insuffisants pour convaincre les Français face aux effets dévastateurs de la culture d’une France qui s’excuse et qui finit par s’auto-détester. Devant cette réalité que les Français connaissent bien, il semble que le camp de l’intimidation et de la caricature ait perdu une partie de sa crédibilité. La gauche ayant crié tout l’été, elle pourrait bien se retrouver fort dépourvue lorsque 2012 sera venu !







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